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Pour ce matin je dois vous conter
Les images qui m’ont transporté .
J’ai vu poindre l’aube rouge
Sur la douce mer qui bouge .
Au dessus des falaises de TREZMALAOUEN
En passant la route des hommes en peine
L’astre du feu jouait sur les nuages
Et ,dans l’eau ,brillait comme un mirage .
De simples rides s’échouaient sur le bord
Marée basse , petit souffle du nord .
J’avais mes pieds ensablés.
Immobile, je voulais m‘y enfoncer .
Pour respirer le violet ,le pourpre , le rose ,
Les couleurs de la vie qui ose .
Et le temps s’est brusquement arrêté
Tout est devenu dans un instant figé .
Les mouettes posées sur la plage ,
Pour rire du graveur d’images ,
Du peintre de nos impressions ,
Du marcheur sans fin de l’émotion.
Même les chiens perdus plongent
Leurs yeux humides et verts
Sur ces étranges lueurs de songes
Au delà des brumes de mer .
Plus loin c’est souvent épique
Mon père , bénissez l’Amérique !
Les flots n’ont jamais été si bleus
Les fantômes marchent sur leurs queues .
Aux sons des clochers d’YS
Sur les fonds qui glissent .
Beau temps , belle mer !
Au loin de notre terre .
Je marche en solitaire
Sur les bancs de verre
Je glisse mon aube rouge
Que rien ne bouge !
Milles ans
En un instant .
Trois secondes .
Elle est ronde !
Puis ce matin rouge sanglant
Est devenu néant .
Depuis je compte mes pas
Je songe au parfum de l’au-delà .
Les cris des uns et des goélands
Les petits pas des géants .
C’était un jour sur notre terre
C’est à vous , humains mes frères !
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