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Musique dans la nuit
Entre l'obscur et la lumière
dans le chant des cordes frottées,
la feuille tombe, un oiseau passe
et monte au ciel une musique.
Elle chante l'adieu des beaux jours,
et l'acide du temps qui ronge,
aspirant, tourbillon sur l'eau,
les souvenirs de ceux qu'on ne voit plus.
Alors les morts se lèvent aux près humides
ils passent, flous, à peine on les devine
dans la senteur du foin coupé,
flottant au gré de la musique.
Les vivants-morts et les morts qui revivent
dansent le ballet gris des faux-semblants
chantant le vin, le pain et les joies de la vie
comme une kermesse en plein vent.
Et parfois même une note plus vive,
un accord vibrant plus longtemps
semble faire éclater en miettes la coquille
étouffante du temps présent.
Demain matin quand à l'heure nouvelle
un soleil neuf viendra d'un coup de serpe
pourfendre d'or les horizons marins
d'autres destins, pour d'autres s'écriront.
Et les musiques de la veille
emportées par le vent marin
iront se dissoudre aux nuages
avec les lambeaux de la nuit.
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