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Le soir,au brou de noix ,teintait la Margeride
Et, bientôt,son versant n'aurait plus une ride,
Laissait traîner des pinceaux roses de blason
Sur une arête floue, éteinte à l'horizon...
De rouges lamparos constellaient l'autoroute,
Avalés par l'écran du tournant de La Goutte;
Des jaunes, accouplés jusqu'à Peuchabrier,
Dans l'ombre qui tombait, jouaient au tunnelier!
Je longeais le fossé de la nationale,
Ma situation devait être anormale...
J'étais dévisagé par chaque passager,
Par chaque conducteur,surpris par ce berger
Sans chien et sans troupeau qui taillait une pousse
Pour en faire un bâton et marchait sur la mousse.
Des véhicules lents descendaient dans mon dos,
Jetant mon ombre immense au sommet de l'ados ,
Brouillonnaient devant moi,la route goudronnée:
Quelque boîte de nuit houleuse, illuminée,
Un blanc théâtre d'ombre,improvisé,bruyant,
Un spectacle irréel,éphémère et fuyant ...
(°) lieudits de ma commune !
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