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Le pardon
L’aube est venue, s’arrachant au sommeil,
Belle ingénue qui cent fois s’émerveille.
L’aube a trouvé, gisant à son chevet,
Un matin lourd, empesé de regrets.
J’ai trouvé l’aube à demi dévêtue
Dans le froid cru qui succède à la nuit.
Ses illusions s’étant à jamais tues,
Elle attendait, résignée, la minuit.
L’aube a tremblé sous les assauts du soir.
Elle a saigné sur les coups de midi,
Mais c’est l’aurore, par quelque perfidie,
Qui l’acheva d’un indigne Bonsoir.
J’ai dit à l’aube, qui s’abandonnait,
« Le crépuscule est malheureux sans toi.
Ses bras sont las de ce qu’il te donnait,
Ne sens tu pas ton cœur qui s’apitoie ? »
L’aube a frémi au son de mes pensées,
Ses grands yeux clairs ont embrassé l’espoir
D’effacer tout et de recommencer.
Il n’est jamais trop tard pour s’émouvoir.
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