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J’ai envie de vous écrire
Pour le meilleur et pour le pire
Sur des feuilles de papyrus
Avec des poils de martres Russes .
C’est un besoin trépidant
Sourd comme un mal de dents .
Avec le sang ,avec les doigts ,
Sur les pages blanches de la foi .
Mon église est ouverte aux vents .
Il y glisse des mots à torrent .
Ils se fracassent sur les vitraux,
Explosent en gouttes d’eau .
Le poète est un grand menteur
Il est sot et bien hâbleur .
Il se promène par les rues en savates
Lapidé comme un traîne-lattes .
Il déclame des bêtises ,
Des mensonges et des sottises .
Et pourtant je l’écoute …
D’une oreille , sans doute …
Il rend les lignes courbes .
C’est un sauvage et fourbe .
Un indien emplumé qui danse
Pour le soleil et la pluie , l’enfance .
J’empile les noms , les phrases
Ce n’est pas vraie , ni en phase
Avec le moderne monde nouveau
Les routes par les mont et les vaux .
Les fossés se remplissent de nos corps
Qui pourrissent sans même un sort .
Pâture à la becquée des corbeaux et goélands
Les yeux gobés par ces oiseaux méchants .
Et pourtant rien ne vaut le détour
D’une phrase , d’un mot d’amour .
Même le bourreau peut être beau
Quand il embrasse sa lame de faux .
Il y a dans l’air bien des poèmes
Invisibles et très bohèmes .
Il faut vouloir les respirer
Remplir son corps de beauté .
Peu importe les sérieux , les censeurs .
Celui qui voit c’est le menteur
Il ment pour exister .
Et mourir un bel été .
Dans son lit , dans un champs ,
Dans la batailles des amants .
Il est ailleurs .
Il s’essaye au bonheur .
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