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Il y a bien des voyages
Dans les creux et rayonnages
Dans l’ombre d’une bibliothèque
Sans le sou , sans un Kopek.
On y croise toute une humanité
Funambule et isolée .
Les lieux sont bien paisibles
Avec des locataires risibles .
Vieilles dames pour le quatre-sous ,
Vieux beaux dégarnis et décatis,
Cherchant les partenaires de rami .
Jeunes chevelus aux yeux doux .
Il y a les gamines en messes basses
Elles semblent pas y croire des masse
L’autre , le jeune studieux ,
Au regard vide , déjà vieux..
Certains déambulent doucement ,
D’autres se pressent fortement .
Chacun y va de son air concentré
A le recherche de livres égarés .
Pourtant le plaisir est ailleurs
Au delà des rayons de la sueur .
Il y a tant à lire avec les doigts
Sentir les encres et le bois .
Je m’autorise à vous dire
Qu’il faut surtout en rire
Rien n’est plus beau que le voyage
Parmi les rayons de ce mirage .
Parfois je me cogne à une belle inconnue
Qui emporte un ouvrage de nues .
Elle porte toujours une robe à fleurs .
Elle laisse le parfum du bonheur .
Elle disparaît toujours le soir
L’autre jour , elle m’a dit bonsoir
J’étais à la recherche de l’œuvre au noir
Je suis reparti avec DE BEAUVOIR .
Depuis je hante les lieux
Je traverse la foule des yeux
Avec mes piles de romans d’espoirs
Sur qu’elle va me remarquer dans son miroir.
C’est un voyage bien ordinaire
Le long de ces allées débonnaires
Au creux du monde et de mes songes
Pour des yeux bleus qui songent .
Hier , j’en ai parlé de l’ inconnue
A un gamin lui aussi perdu
Dans ses voyages extraordinaires
Comme un géant de Gulliver .
Il m’a dit que l’inconnue
C’est un esprit de ces lieux
Qui frappent et tuent les audacieux .
Il m’a dit que lui aussi l’a vu…
Il m’a dit de fuir cet envoûtement
Que je ne serais jamais amant
De cette image des rayonnages
D’une ombre et d’un mirage .
Depuis , je lis le désespoir
Uniquement des romans noirs …
Et puis hier elle m’a embrassé
Et mon cœur c’est arrêté .
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