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Approchez mes dames, venez doux agneaux!
Que je vous dise, quand mes mots s'improvisent
Et sortent en masse de mon loqueteux manteau
Que ma caboche bien lézardée parfois devise.
Mes mots sont poussière en mon palais de tourbe!
Plus de fauve artistique, ni de nu virginal dressé.
la mémoire est en fuite et l'oeil humide se trouble.
J'ai glissé hors de ma fente mes dernières monnaies.
De mes papiers froissés rigole l'ogre de bois!
Mon avenir est derrière et ne vaut plus le clou.
Ma cervelle, guenille, se badigeonne de poix!
En mon théâtre antique, je ne vaux plus le sou.
A ne plus conter l'avenir, je me méfie de lui!
Je ne joue plus ma place sur le morne échiquier
Parce qu'un seul pion sépare le génie de la folie.
J'ose parfois en rêve savoir m'en échapper.
Il était mille fois, en souvenir de tous mes mots
Des sourires de lendemain sur les pleurs de l'aube
Parce qu'ils ont pris la fuite, me laissant idiot
A n'écrire que de sombres et nauséabondes daubes.
Patrick
Souvenirs en fuite texte 5 
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