|
Les cris des uns sont des râles
Qui sortent de leurs bouches pales .
D’autres marmonnent des jurons
Dans des cafés , des mines de fonds .
Tous sont frappés de maladie
Ils consument leurs vies
Sur des braseros électriques
Dans des lumières tragiques .
Ce ne sont pas les damnés de la terre
Ce sont seulement de pauvres hères
Parcourant les rues en bondissant
D’un mur à l’autre se salissant .
Ils n’aiment que tremper dans le pétrole
Un mélange de rhum et d’alcool ,
Un breuvage pour les fous ,
Un brasier qui brûle les cous .
Ils crient alors des mots d’amour
Et en écho, des mots de haine .
Car sans le premier ils sont en peine .
Ils hantent les rues alentour ..
Un flots de bile et de sang
Précède leurs véritables sentiments .
Ils n’aiment rien comme des barbares
Sauf les cheveux longs si rares .
Fuyez bonnes gens !
Ce sont les nouveaux gueux !
Gens de rien et crapules
Les seuls amis des tarentules .
Ils ont des chiens sans laisse
Qu’ils aiment et caressent
Meute de loups croisés caniches
Qu’on dirait avec postiches .
Leurs compagnes hurlent plus forts
Comme des sirènes de mort .
Elles portent des bébés bleus
Qui meurt devant nos yeux .
Ils sont suivis par les corbeaux
Qui attendent de percer les peaux .
Ce ne sont que des charognes en marchent
Et à la moindre butée ils lâchent .
Ils vivent au jour le jour
Avec le soleil pour compagnie
Et des nuages en confettis .
Ils bougent au point du jour.
Les plus faibles restent immobiles .
Des statues informes , inertes .
Ce ne sont que des pertes
Seul les chiens hurlent sans mobiles .
Disputant aux corbeaux la peau , les yeux
Ce sont des gens de peu .
De la vie ils ne sont que la poussière
Ils courent dans leurs cache-misère .
Parfois passant tu craches sur eux
De la salive et des injures
Ils sont sales et glaireux .
Caste maudite au sang impur .
Parfois aussi l’un de nous regarde
Et voit du sombre par mégarde .
C’est la douleur de nos amis
les êtres humains sans abri .
|