poémes sucrés salés

 

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la complainte des sans abris

le mercredi 29 septembre 2010, à 14:51. Posté par franck


    Les cris des uns sont des râles
    Qui sortent de leurs bouches pales .
    D’autres marmonnent des jurons
    Dans des cafés , des mines de fonds .

    Tous sont frappés de maladie
    Ils consument leurs vies
    Sur des braseros électriques
    Dans des lumières tragiques .

    Ce ne sont pas les damnés de la terre
    Ce sont seulement de pauvres hères
    Parcourant les rues en bondissant
    D’un mur à l’autre se salissant .

    Ils n’aiment que tremper dans le pétrole
    Un mélange de rhum et d’alcool ,
    Un breuvage pour les fous ,
    Un brasier qui brûle les cous .

    Ils crient alors des mots d’amour
    Et en écho, des mots de haine .
    Car sans le premier ils sont en peine .
    Ils hantent les rues alentour ..

    Un flots de bile et de sang
    Précède leurs véritables sentiments .
    Ils n’aiment rien comme des barbares
    Sauf les cheveux longs si rares .

    Fuyez bonnes gens !
    Ce sont les nouveaux gueux !
    Gens de rien et crapules
    Les seuls amis des tarentules .

    Ils ont des chiens sans laisse
    Qu’ils aiment et caressent
    Meute de loups croisés caniches
    Qu’on dirait avec postiches .

    Leurs compagnes hurlent plus forts
    Comme des sirènes de mort .
    Elles portent des bébés bleus
    Qui meurt devant nos yeux .

    Ils sont suivis par les corbeaux
    Qui attendent de percer les peaux .
    Ce ne sont que des charognes en marchent
    Et à la moindre butée ils lâchent .

    Ils vivent au jour le jour
    Avec le soleil pour compagnie
    Et des nuages en confettis .
    Ils bougent au point du jour.

    Les plus faibles restent immobiles .
    Des statues informes , inertes .
    Ce ne sont que des pertes
    Seul les chiens hurlent sans mobiles .

    Disputant aux corbeaux la peau , les yeux
    Ce sont des gens de peu .
    De la vie ils ne sont que la poussière
    Ils courent dans leurs cache-misère .

    Parfois passant tu craches sur eux
    De la salive et des injures
    Ils sont sales et glaireux .
    Caste maudite au sang impur .

    Parfois aussi l’un de nous regarde
    Et voit du sombre par mégarde .
    C’est la douleur de nos amis
    les êtres humains sans abri .






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