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J’ai pas envie d’écrire l’automne et la pluie
Ni le printemps , ni l’été , ni rien de notre vie
J’ai pas envie de l’hiver .
Ni de parler de misères .
J’ai pas envie de l’amour .
Il me semble loin ce toujours .
Pas de valses des sentiments ,
Ni de propos enfiévrés d’amants .
C’est pas marrant !
C’est pas comme avant !
Il va falloir tenir
Ou conjuguer vieillir.
Pourtant je la vois
La splendeur des sous-bois .
Mais elle reste immobile
Dans un instant qui file .
J’ai envie de décrire l’éternité
Dieu , le diables , rama et les apôtres
Vishnou , les sages mangeurs d’épeautre .
Je veux voir la voie lacté.
C’est mon droit
D’être hors la loi
Mangeurs de vent
Vendeur de sentiments .
J’en ai marre de lire
Des gnangnans, des délires .
Ils ricochent sur mes dépressions
Comme des balles à haute tension .
C’est pas une vie que la votre
C’est triste qu’elle soit la notre
Est ce ainsi que les hommes vivent ?
Dans l’obscur , sans couleur vive ?
Moi j’ai envie de voir les princesses bleues
Dans les palais d’or , d’argent , de feu .
Je veux visiter les taj mahal
Au loin , dans les étoiles !
Je veux vous dire les aurores boréales
Sur des mondes d’opale .
Les claires nuits avec trois lunes
Et quatre soleils sur les dunes .
Je peux vous le dire enfin
Ils existent au loin
Des femmes belles et dorées
Avec des peaux très parfumées .
Il pousse des jardins merveilleux
Avec des fleurs noires et sang
Des couleurs plein les yeux
Des parfums lourds et entêtant.
Que dire alors de la vue des hommes
Ils n’ont rien en somme
J’aime mes lunettes d’imaginaire
Au gré des voyages extraordinaires .
La nuit s’emballe sous les trois lunes
Et je rejoins la belle brune
Sur une couche de la voie lacté
Dans la rosée pourpre et embrumée .
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