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Trois églogues d'enfance.
....Je me tiens immobile
près d'une eau millénaire
dans son lit de rochers.
Millions d'années, Geste
de roc et d'eau, Ô gouffre
que je sais, sable profond,
patient où j'ai pêché, jadis,
le tranquille goujon moustachu,
vers midi, quand les vernes et
les joncs font silence et que
le casse-croûte attend dans
la fidèle musette....
.....Les bogues charnues et
luisantes des noix ont éclaté,
craquantes,libérées, dans
l'herbe drue, gorgée de vert
et d'ombre et nous nous éloignons
avec de gros paniers alourdis
par les fruits, dans l'automne
très ancien et délicieux,
moiré d'ors funèbres.....
.....Cueilleur de mûres sauvages
dans l'été qui pâlit, sur les
chemins noueux et simples,
je tiens la gamelle rougie du
sang des fruits.Mon beau Septembre,
en lenteur et patience, en
accomplissement, la ronce saigne
aux doigts, Ô ma mémoire, voici
l'automne qui mûrit en gloire et
en humilité, heures d'enluminures,
toute chose selon sa convenance.....
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