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 Bercée par une douce bise, un soir de printemps,
Assise au pied d’un arbre, je me suis endormie,
Je volais au-dessus des nuages, loin de ma vie,
J’avais arrêter les heures, j’avais arrêter le temps.
Soudain devant moi, apparût un homme étrange,
Je me dis que son visage ne m’était pas inconnu,
Il me sourit et me souhaita gentiment la bienvenue,
Il prit ma main, il avait quelque chose d’un ange.
Ce fut juste là, à cet instant, que je sus qui il était,
Je l’avais déjà vu dans des livres, sur des images,
Il était là devant moi, j’ai cru que c’était un mirage,
Alors je vis sa croix, et son visage si pur qui saignait.
Et soudain d’une voix si douce, il s’adressa à moi,
Alors Michèle! il me semble que tu voulais me parler,
N’hésites pas, je suis là devant toi pour t’écouter,
Seigneur ! vous nous avez abandonné, pourquoi ?
Tu te trompes, vois-tu c’est vous qui m’avez oublié.
Vous m’avez oublié dans ce petit enfant qui pleure,
Vous m’avez oublié dans cet ancien seul qui meurt,
Dans cette soif de violence, de détruire, de tuer.
Dans ce chien abandonné sur la route par ses maîtres,
Vous m’avez oublié dans cette forêt que l’on incendie,
Dans cet animal que l’on abat pour en tirer profit,
Dans ce petit bébé que l’on rejette avant de naître.
Vous m’avez oublié dans les pleurs de toutes les mères,
Dans chacun de ces hommes et de ces femmes
A qui on a volé leur dignité, leur vie, leur âme
Vous m’avez oublié dans la mort de toutes ces guerres.
Vous m’avez oublié dans la terre, dans les mers et dans le ciel,
Et à cet instant, un terrible orage me tira de mon sommeil.

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