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Les tombes neuves ou ancestrales ne cachent pas que les cadavres
Je me baladais dans les allées d’un cimetière comme d’habitude
Les feuilles mortes sur la terre étaient jaunâtres
Le calme était perturbé par le bruit d’oiseaux
Soulevant ma tête loin dans les arbres choyés
Qui vivent des jus et fumiers des corps décomposés
Un reflet des lunettes noires brillant sous l’ardeur des rayons solaires
C’était une beauté, avec un sac à main plein de mouchoir pour effacer les larmes
Elle avançait ne se rendant pas compte de ma présence
Je trichais d’un regard ne voulant perturber sa concentration
J’étais à la porte de l’est, elle venait de celle de l’ouest
Le cœur des femmes contient un secret qu’elles seules connaissent sa profondeur
Et dans leurs bras se cache le pur amour que le monde cherche à découvrir
Très beau quand une femme embrasse son mari
Quand il meurt, elle embrasse son enfant ou sa fille
Elle se débrouille, en pleurant seule, en se cassant pieds et mains pour maintenir l’équilibre
L’enfant est impressionné par les uniformes noirs autour de lui
Pensant à un jour exceptionnel
Sans se rendre compte que son père n’existe plus sur terre
Le jour que l’enfant perdra sa mère,
Il se rendra compte que l’amour se cache dans les bras enterrés
La présence du père n’empêche pas de croire qu’on est orphelin
Elle avançait et les idées me venaient incessamment
Les oiseaux picorant et les papillons au repos s’éparpillaient
A quelques pas de moi, sans un mot, elle posa son sac sur les petits escaliers d’une tombe
Pria, souleva sa tête, larmes aux yeux, elle se courba et reprit son sac
Partant vers une deuxième tombe sur laquelle elle posa une voiture pour enfant
Elle remboursa chemin,
Les deux tombes qu’elle a visitées étaient à coté de celle que j’ai visité
Ces trois tombes dataient du même jour
Pire coïncidence, le même incident, des accidents de voiture
Comme tous les autres qui roulent sur les autoroutes dégradées
Les volants tournant sans graissage, sans révision, pneus hors délais
Face à la mort, si on ne survit pas on meurt
L’amour survit dans les bras d’une femme.
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