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 Je porte le même prénom que toi,
Et j’ai un peu de ton courage je crois,
Tu m’as donné la couleur de tes yeux,
Celle du ciel où tu es avec Dieu,
Grâce à maman et toi, mon enfance,
Fut remplie d’amour en abondance,
Mon cœur déborde de merveilleux souvenirs,
Et je les garde en moi quoiqu’il puise advenir,
Te souviens-tu papa lorsqu’on allait aux escargots ?
De nos journées en famille aux bords de l’eau,
De nos parties de carte que l’on faisait,
Où pour ne pas perdre, tu trichais,
J’étais la dernière, la petite que l’on chouchoute,
Et je ne m’en plaignais pas sans aucun doute,
Je savais avec mon air innocent te rouler dans la farine,
J’étais avec toi et comme toi têtue et un peu coquine,
Pour les cuissardes, la mini jupe, le maquillage,
Tu as crié et puis tu as cédé, c’était de mon âge,
Tu te contentais de me regarder partir en riant,
Tu disais : « c’est des guignols les jeunes de maintenant ».
Tu parlais très peu de ton enfance malheureuse,
Et de la guerre où rodait sans cesse la faucheuse,
Parfois, très fier de ton italien très mauvais,
Et de ta voix de ténor tu aimais chanter,
Tu as toujours travaillé durement pour nous,
Et si en fin de mois, il n’y avait pas beaucoup de sous,
Nous n’avons quand même jamais manqué de rien,
C’était le bon temps, mon dieu que c’était bien !
Et quand pour toi l’heure de la retraite a sonné,
Que tu aurais pu aller à la pêche, te reposer,
C’est ton corps qui t’a lâché, qui t’a fait souffrir,
Mais même dans ton fauteuil roulant, dépérir,
Il n’en était pas question, tu étais un battant,
Tu voulais vivre, tu avais une force de titan,
Mais un soir de printemps, par une douce soirée,
L’ambulance a stoppé, s’est rangée sur le bas côté,
Et là c’est ton cœur qui t’a abandonné et tu es parti,
En laissant un immense vide dans nos vies,
Je ferme les yeux et je te revois,
J’entends ton rire et ta voix,
Je ne t’oublie pas
Papa tu es toujours là.

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