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L'ombre du sang.
.....L'ombre du sang ne nous quitte pas
ni l'émerveillement ni la stupeur dans
l'éternité provisoire du Présent Vivant,
elles ne nous quittent pas l'absolue
nostalgie, pays profond du grand Jadis,
passé infigurable, collines de l'oubli,
ni l'aspiration infinie, vertige et
tremblement de la futurition, contrées
opaques à deviner sans cesse.....
Ô descendre à l'arène première dans le
limon fertile des commencements, à la
crypte, la conque du langage, dans
l'avant-dire, dans le berceau du sens
d'avant le sens, à l'ébauche, la musique
des rythmes, aux plis et aux replis, dans
le noyau aveugle, germe, ferment, semailles
où lève un battement dans le tambour du
sang, la pulsation sublime de la Chair!
Et plus profond encore, à l'archive du
Corps encore inaccompli et s'annonçant,
écart de soi à soi, chambre d'échos,
paroi d'empreintes, grotte sonore sous
les paupières et sous la peau, déjà
traces, lambeaux, premières adhérences,
première prosodie, esquisse d'univers,
appel et détresse d'amour.....
Et plus profond encore, nostalgie, Ô
plénitude d'être, rassemblement,
source pure du Bien, coïncidence, giron
mythique, terrier de laine et de duvet,
pure rotondité sans naissance ni mort,
pure immobilité, franchir l'infranchissable
gué, le miroir périlleux, ventre incurvé
d'herbe lisse et de feuilles, île absolue,
Ô vacuité charnelle, pure respiration,
présence atemporelle, à jamais désirée,
à jamais dérobée!....
L'ombre du sang qui veille oblige, poème,
musique, images, à n'être dans le Temps
qu'Eden perdu, échos, traces, promesses......
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