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Ce soir d'automne était superbe,
Des lapereaux couraient dans l'herbe
Et s'amusaient de mille jeux.
L'un d'eux, d'un ton avantageux,
Ne craignant pas le ridicule,
Chantait du haut d'un monticule
En affectant l'amoroso.
Il se prenait pour Caruso !
Qui subissait sa ritournelle
Pensait ouïr une crécelle !
Pourtant, les lapereaux présents,
Applaudissaient, bons courtisans,
Et ils vantaient son bel organe
Pour mieux flatter le mélomane.
Un vieil hibou vint à passer,
Il crut entendre coasser
Dame grenouille dans la mare.
Mais quel est donc ce tintamarre ?
Puis, découvrant Jeannot lapin
Il harangue le galopin
Car il voulait un peu l'instruire
Tout en évitant de lui nuire :
« Veillez à placer votre voix
Vous n'avez, à ce que je vois,
Pas étudié le solfège ;
A ce point c'est un sacrilège ! »
Maître Jeannot n'est pas content
De l'avis qu'il trouve insultant.
Il faut que cet intrus s'en aille !
« Allons, va-t-en vieille canaille !
On ne t'avait rien demandé,
Pourquoi m'as-tu vilipendé ?
Quel est ce fou qui nous encombre ?
Ne vois-tu pas ? Tu fais de l'ombre !
Retire-toi de mon soleil,
Je n'ai pas besoin de conseil. »
Le vieux professeur est un sage,
Science qui vient avec l'âge :
Ne pas contrarier surtout
L'idiot qui croit qu'il sait tout !
Il fuit les sots comme la peste
Alors il part et l'autre reste.
Moralité :
Le sage reconnaît un sot
Mais un sot croit qu'un sage est sot
Et se complait dans l'ignorance,
C'est là toute la différence.
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