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Je voudrais qu'il m'advienne en un brouillard humide
D'espérer d'un soleil ou d'un vent de hasard
Qu'il disperse la brume, offrant à mon regard
Les batistes tissées d'improbables sylphides.
Elles resteraient ainsi, gisantes sur le sol,
Floconneuses et bleutées, en traces éphémères
D'une obscurité grise aux ondes mortifères,
Paillettes de mémoire, fragiles et frivoles.
Il suffirait alors d'un rien, d'un simple geste
Pour, à peine effleurant cet effet de mirage
En effacer soudain la part de l'héritage
D'un temps où l'on errait en des vapeurs funestes.
Faudrait-il pour autant dissiper nos sanglots
Aux charmes illusoires d'un éclatant ciel bleu
Annonçant du malheur qu'il est de son enjeu
D'en perdre la conscience pour trouver le repos?
Non…mais savoir garder dans l'intime de l'être
Le souvenir feutré de ces anciens tourments
Et cultiver, distant, attentif et prudent
Leurs vestiges tressés de larmes à démettre
Que notre âme évapore d'un cœur à bout touchant…
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