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Il n’y aura plus de matins
Ou bien alors des matins blêmes
De ces matins sans lendemain
Sans goût sans grâce
Et sans douleur
Vous savez bien les jours parfois
Qui ne paraissent pas du jour
Tout engoncés de gris
Dans leur manteau de pluie
Leur casque de nuages
Et l’on aura toujours plus froid
Même au fond de nos lits
Calfeutrés en fœtus
Il n’y aura plus de matins
Ou bien alors de ces matins qui font semblant
Corps de matin Robe de nuit
De ces matins Va donc savoir
Ce qu’on attend qu’ils nous amènent
De ces matins Tu sais
Qui ne promettent rien
Ni malheur ni répit ni souffrance
Rien
Il n’y aura plus
Que l’extrême politesse froide des jours d’hiver
Où seul le crachin
Fait ce qu’il peut
Il n’y aura plus de matin
Ni café-croissant ni pain chaud
Le quai de Jemmapes encore désert
Et des terrasses sans table ni chaise
On sera très dimanche de province
Vue sur l’ennui Service compris
17 octobre 2010
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