|
Je naquis un couteau dans la main. On s'étonne,
On dit que ce sont là des mots...
Puis je pris une plume : encore mieux qu'un couteau !
Je naquis pour devenir homme.
Si la fidélité errante pleure pour toi,
On dit que tu es amoureux.
Tendresse des yeux mouillés, sans crainte enlace-moi !
Simplement, nous jouons, tous deux...
Je me souviens de tout, mais en moi tout s'efface.
On dit: comment se peut-il faire ?
Ce qui choit de ma main, au sol qui le ramasse ?
Si ce n'est moi, c'est toi mon frère.
La terre m'emprisonne et la mer me déchire.
On dit : Un jour tu mourras...
Mais que de choses ici bas l'on entend dire !
J'écoute , mais ne réponds pas.
Attila Jozsef*
*poète hongrois mort à trente deux ans
|