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J'ai remonté mon col et sur mon chef couvert,
Les feuilles me saluent, toutes tourbillonnantes;
Le jaune pâlissant des branches rayonnantes
Offre un beau ciel bleuté par le bois entrouvert.
Je marche au pas du Songe en mon âme automnale
Et je pense au temps las de tant d'heures et d'ans;
Ce vieux corps chancelant qui de sa canne, aidant,
Regagnera tantôt la froideur Saturnale*.
Me ravigote un rai d'or de l'Ami Soleil
Dans l'humide fraîcheur de mille chairs mourantes;
Je coule longuement prés des ondes courantes:
" Les ruisseaux de l'Automne ont des chants sans pareil...!"
Je vais, m'abandonnant aux douces rêveries;
Ma mémoire s'éveille à l' inspiration.
Ma plume s'émoustille en cogitation,
En ces perles serties de vives pierreries!
Bien des notes, je cueille en la forêt gravide
A peine dénudée, à peine morte encor';
Entre terre et ciel, ô, miroir de ce décor,
Dans cette fluide Eau, j'ai surpris une ride...!
SAINT-AMOUR
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