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MADAME
Vous étiez là, Madame, ange silencieux,
Sourde à mes oraisons, ignorant mes aveux,
Le soleil déclinait, déjà la nuit tombait,
Vous ne le saviez pas, pourtant je vous aimais.
Souvenez-vous, Madame, à l’abri des regards,
Pour un baiser donné, pardonnant les retards,
Ma main frôlait la vôtre, échangeant quelques mots,
Pour retenir le temps qui glissait sur nos peaux
Je vous revois, Madame, en rêve quelquefois,
Dans ce pays lointain tout recouvert de froid,
Alors qu’il suffirait d’un avion, d’un bateau,
Pour unir nos destins autour d’un gros gâteau.
Les ans me tuent, Madame, abrègent le voyage,
Vous tardez trop, voyez, et j’aurai bientôt l’âge
Où le songe suffit à remplir un bagage
Pour d’autres directions, une erreur d’aiguillage.
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