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Vivons-nous l'infini de nos longs jours de l'heure
Aux instants que l'on croit être d'insignifiance
Pour que leurs souvenirs résonnent à demeure
Des raisons d'espérer en quelque délivrance?
Vivons-nous à l'envers des choses de la terre
Et à contre-courant d'un ailleurs condamné,
Dans l'univers ouaté de nos tristes chaumières
Qui se plaît d'hiberner en de ternes années?
Vivons-nous l'illusion de ce que l'on dépose
Dans l'intime secret d'une mémoire ancienne
Ou gardons nous au cœur, de ce que vit la rose,
L'éphémère du temps que le réel aliène?
Serons-nous de ces gens dont les rêves s'attardent
A voir bien au-delà de leur fin sans mystère
Pour vivre du désir que la froide camarde
Devienne, abandonnant sa geste mortifère,
Amoureuse des âmes qui, pourtant, se lézardent… ?
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