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Petite bourgade anciennement riche par l'extraction de l'argile, Villenauxe la grande offre ses souvenirs à chacun des chemins...
Elle apparaît, lovée au creux de verts coteaux
Où la vigne se plait à courir sur la pierre.
L’église vous salue au loin, à sa manière
Elançant son clocher dessus les boqueteaux.
Autour, les toits penchés l’enrubannent de rouge
Comme un présent offert à l’œil de l’étranger
Qui, passant sur la sente à travers le verger,
Lance un regard ravi sur la ville où tout bouge.
De venelle en sentier, par les murs répétés,
Les pas mènent au cœur de la ville féconde.
Où les chants d’autrefois, d’une humeur vagabonde,
Aux derniers bruits du jour, narrent les majestés.
Voici la mine offerte, au pied de la colline
Où l’or gris est extrait de son profond séjour.
Aux douceurs du matin que célèbre le jour,
Résonne encore l’écho du passé qui s’incline :
La cage descendue en cet étroit boyau
Où « s’engrappent » en rond toutes les « Gueules grises »
Répétant dans la nuit les habitudes apprises
Pour arracher l’argile à grands coups de hoyau.
Comme le papillon sort de sa chrysalide,
Elle devient faïence au savoir du potier,
Fragile porcelaine au corps frêle et altier
Hymne de la beauté en sa forme sylphide.
Sarreguemines, Limoges ont envié son art.
Aujourd’hui c’est de là que vient la renommée,
La ville ouvre son sein sans qu’elle soit acclamée,
Son cœur laiteux enivre les cités de son fart.
Un son joyeux s’envole au clocher de Saint Pierre.
Sur le marbre ou le bronze où sont inscrits leurs noms,
Les grands maîtres verriers ont incliné leurs fronts
Pour habiller la nef de sublime lumière.
Des vitraux colorés, un chaleureux éclat
Au front ravi des Dieux vient caresser la frange.
Il semble qu’un rayon, formé des mains de l’ange,
Bénisse les mortels en accent d’au-delà.
Entre hier et demain, la Noxe se promène
Dans la brise du soir, ou le chant d’un oiseau.
Elle porte alentours, comme on porte un drapeau,
Le nom de Villenauxe au-delà de la plaine.
13.09.2010
Merci à tous les lecteurs !
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