|
Je n'ai pas, cette année, trop le coeur à mes voeux(°)
Deux mille quatre va s'achever malheureux
D'avoir si lourd porté le fardeau de ma peine
Et gâte le moment du rictus de la haine.
Il avait tout promis, rien ne fut retenu.
J'avance titubant, et l'esprit noir vêtu,
Et l'idée et le corps fatigués de tristesse,
Cherchant à contenir la lourdeur qui m'oppresse.
Que sonnent les clochers, j'entendrai des tocsins.
Qu'importent cotillons,ripailles ou festins !
La douce déraison de cette fin d'année,
En fielleux brouet, soudain s'est transformée.
Et portant, il nous faut gratifier l'instant,
Tenter la mélodie, en contrepoint autant.
Du fond de la nuit pure, un vagissement monte
De l'être nouveau- né pour effacer du compte
Le débit trop certain .Il nous fait devenir,
Au pied du sapin vert, au fond du souvenir,
L'enfant émerveillé que la bougie éclaire,
L'espace d'un câlin, blotti contre sa mère.
Le vent nous est mauvais mais qu'importe le vent,
La grand-voile hissons,la proue à l'orient !
Au solstice passé, le soleil sort d'affaire,
Il monte, plein azur et de janvier espère.
Homme libre, debout, le premier n'est pas las!
Les tisons ranimons, pour chasser les frimas .
Michel
(°)Sylvie Trémouille,ma collaboratrice depuis 20 ans
et Daniel Buffière, un vieil ami, ont été assassinés
Le 2 septembre 2004,dans l'exercice de leurs fonctions !
(30-01-2005- C-73- P- 28-)
|