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J'ai rencontré Robinson dans une poissonnerie.
Nous y achetions, tous deux, des soles.
C'était une fin d'été, à Douarnenez.
Nos regards se sont croisés, hypnotisés.
Nos yeux se sont cachés, sous un parasol,
A la terrasse d'une crêperie.
A deux doigts l'une de l'autre,
Nos mains, visiblement troublées.
Commun, me direz-vous ?
Sans doute !
Puisque nous parlions de tout et de rien,
Le rien et le tout, ponctués de silences évocateurs,
Enrubannés dans un désir naissant, croissant, puissant
Proche des Quarantièmes Rugissants !
Irrésistiblement portés l'un vers l'autre,
On s'est embrassé doucement, langoureusement, furieusement.
Robinson a payé l'addition et laissé un pourboire pas banal.
Nos soles, qui comme nous, avaient très chaud !
Il m'a entrainé vers le port,
Vers sa maison un peu spéciale,
Un ancien bateau plutôt spartiate.
Et là, pas de quartier,
On s'est déshabillé sauvagement.
Normal, puisque son nom était Robinson !
Un vrai régal !
Le cri des mouettes a étouffé les nôtres,
Le vent du soir fouettait l'embarcation,
On s'est pelotonné l'un contre l'autre,
L'un sur l'autre,
Plus de 24 heures.
Des moments inoubliables !
Qui a dit que la Bretagne n'était plus une terre d'aventures !
Notre plaisir a pris fin le lendemain après-midi,
Quand il m'a demandé d'embarquer avec lui.
Le ciel et la mer se sont alors enlacés dans un brasier orangé.
C'était un vendredi,
La fête était déjà finie.
Robinson a mis le cap sur le grand large
Et s'est retiré sur une île du Pacifique.
Peut-être, vous a-t'on déjà parlé de lui ?
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ND/30.12.2010
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