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GRAND MERE
Il y'a cinq ans de cela qu'on ne s'est pas vu
je me souviens de la semaine à Adaré, ce village isolé
à quelques kilometres du Nigeria, à l'Est profond du Niger
je me rappelle en juillet 2005, rentré par Goumal, passant par Kano, Babira venant de Kaduna où j'etudiais,
traversant les barrieres des frontieres qui nous font oublier nos rapports
tu plantais du gombo, te restant une poignet de graines à semer.
tu soulevas ta tete me regarder, puis me demandas d'un air neutre et insensible,
de deposer mes bagages et m'assoir, continuas ta semence jusqu'à la derniere,
vins me donner à boire dans une calebasse, de la boule, fraiche et couverte du lait, une couche rouge des epices et du fromage, du sucre dans un plastique blanc, et me deposas des chaussures de bain, m'indiquas la douche où une eau tiede, potable et suffisante m'attira,
assis sous l'arbre des souvenirs, sous lequel tu nous racontais des belles histoires et inimaginables contes, où nous pleurions, enfoncés dans les peurs et les enigmes qui se cachent pour surprendre le lievre, la souris, nous imaginant à la places des animaux sauvages, acteurs de nos contes inoubliables et nous servant aujourd'hui de guide line;
les voisins, boutiquiers de la porte de chez nous, les passants ayant appris mon arrivée, les villageois venus au marché, tous m'attendaient, et d'autres ne cessaient de venir s'ajouter,
salué par cette multitude d'hommes et femmes accompagnés de leurs enfants et des curieux informés, je repondais en meme temps aux questions qui me furent posées comme dans un interrogatoire severe, les uns voulaient se rassurer que c'etait bien moi, les autres me regardaient comme un ange venu pour ceuillir les prieres des Hommes perdus dans un desert,
certains s'interresaient à savoir si je suis ce Saley, le fils de la defunte Aichatou, connue par Madame Aichatou, institutrice digne de son nom; mes reponses orales et physiques se succedaient sans repos, des larmes qui coulaient des yeux des vieilles femmes et d'hommes, murmurant d'inaudibles phrases,
une parmi ces femmes legendaires parlait de la femme qui leur rendait la vie facile, l'exemplaire que toute famille reve d'avoir, prete à mourir pour sa mere, ne cherchant ni promotion, ni distance entre sa mere et elle, depuis son bas age, ayant travaillée pour effacer les larmes de sa veuve mere,
une autres repris la parole pour condanner mon pere de nous avoir privé de nos parents maternels, depuis qu'il ne vivaient plus ensemble, il a fait de nous sa proprité.
et voila qu'aujourd'hui je m'aprete à te rejoindre cette fois-ci sur la terre de mon grand pere
un village à l'Est d'Agadez allant à Zinder, programmant d'aller à Niamey pour un entretien de travail debut janvier, hier, la veille de l'arrivée de mon grand frere, avec lequel je devrai aller d'où je viens, on m'informa que tu es non loin d'ici à Tanout pour la quarantaine du deces de ta petite soeur, mes condoleances en avance, car elle n'est pas morte en vain, elle a vu le jour de ma naissance, m'a tenu dans ses bras avant ma mere, m'a aider à signer mon contract respiratoire d'un cri, m'a coupé le cordon omblicale;
d' un coup, je me sens attiré par un champ magnetique à grande portée
sans le cacher, je crie de joie et d'enthousiasme de te revoir sourire, t'entendre parler avec ta voix sourde que j'entendais tres mal il 5 ans.
grand mere, ma mere nous a montré la bonne voie, le bon exemple, je veux faire comme elle,
essayer de te rendre fiere, ne me dis pas que tu as perdu ton sourire naturel depuis la mort de ma mere en 1992;
je t'appellerai grand mere puis ma femme, mon amour, un mot qui est presque mort dans ton coeur, car tu te demandes s'il n'est pas mort et enterré dans le meme tombeau que ma mere, le meme jour, la meme heure.
ton vieux coeur bat aux rythmes d'histoires et d'experiences, plusieurs choses s'y trouvent en profondeur et j'aimerai en avoir une partie minime soit-elle avant ton dernier souffle ou le mien car la mort n'est plus etrangère chez nous.
grand mere, je t'aime!!
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