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Aujourd'hui, battue par les embruns, à un petit moussaillon, la vie j'ai donné.
Contre vents et marées, accrochée à un rocher,
épuisée par la puissance des vagues, j'ai accueilli un magnifique poisson argenté.
Un poisson arc-en-ciel, qui m'a choisi, après avoir longtemps nagé.
Fière, je l'ai enveloppé de mes bras d'écume, lové contre mon sein gorgé de lait.
Magique est ce petit poisson, un seul regard a suffit pour nous reconnaître, l'aimer.
Emportées mes douleurs, derrière un rideau de brume, à tout jamais.
L'instant est précieux, car contre moi, dort une perle sacrée.
Mon enfant, nous visiterons les ruisseaux, les rivières, les fleuves, les mers et les océans.
Je t'accompagnerai sur le chemin qui te mènera à ton destin.
De la poupe à la proue, de bâbord à tribord, je murmurerai les chants du vent,
Pour t'aider à grandir, du matin jusqu'à la tombée de la nuit, de la nuit jusqu'au petit matin.
Matelot, qu'il fait bon naviguer avec toi, ton bonheur n'a pas de prix.
Devant nous la mer et à côté de toi, ta mère, à la fois insignifiante et merveilleuse,
Là, quand tu as besoin de moi, dans tes larmes et tes rires, dans tes chagrins et tes rêveries,
Respectant tes secrets, ton âme belle et lumineuse, d'une douce veilleuse.
Depuis toi, je baigne dans la félicité, la vie n'est que tendresse.
Plus d'orages en moi, l'oursin a perdu ses piquants.
Mère, je ne suis plus en mal de toi, je n'attends plus tes caresses.
Ton mistral glacial ne m'effraie plus, je suis apaisée, vivante.
Tu ne peux plus piller mon bateau, ma vie j'en maîtrise le gouvernail.
Adieu donc mitrailles et batailles, culpabilité et poncifs nocifs.
Merci l'existence, je porte au plus profond de moi un joyau vital
Plus précieux que le corail, une force de vie exorcisant les écueils trop vifs.
L'amour aide à surmonter les tangages et les tribulations intérieures.
Mère, mon flibustier aux cheveux dorés, je vous aime pour l'éternité.
Chaque instant est un trésor, malgré la houle, les coups du sort et les malheurs.
Le bonheur se trouve dans le sel de notre liberté.
Mais faut-il avoir le courage de gratter ses arêtes
Et de regarder en soi, sa vérité,
De balayer enfin passé et courants contraires, être
Puis oublier ces pensées négatives de requins offusqués.
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ND/31.12.2010
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