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Est-ce là ce qui s’offre à l’emprunte incertaine
Au-delà du toucher, d’une caresse vaine ?
Est-ce là cette étoffe au doux voile de brume
Sous lequel au coucher s’estompe et se consume
L’ivresse sans mémoire ? Cette triste bassesse !
Est-ce ainsi qu’apparaît la plus sombre évidence
Au sein d’une strophe sans éclat ni finesse ?
L’hérésie chamarrée de cette ode où démence
Me frappe et m’apostrophe en lente maladresse,
Puisque Amour et Talent, ne me sont qu’une Absence !
Est-ce don qu’aphasie quand ruisselle amertume
En détresse d’un gouffre où se targue carence ?
Qu’il faille dessaisi de génie sous la plume
Geindre et, dans l’agonie qu’emprunte le silence
Craquer une étincelle au soufre sans exhume.
Esclave et Capitaine où soufflent ces ténèbres
Je rejoins à la proue cette haute poulaine
Pour plonger mes chaines et servitude en l’Hèbre
Funèbre solitude et seule châtelaine…
Louis Engival
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