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Dentelles blanches
petits chaussons
c était un dimanche
tu as l air polisson
Ici en robe bleue
un chapeau rond
sur tes cheveux
si blonds, si longs
Une autre là !
sur ta jument
juchée fièrement
pleine de joie
Tu es agenouillée
tu t'émerveilles
devant un paquet
enrubanné, c'est noël !
Et d autres, d'autres
encore tant d autres
de ces papiers glacés
figeant tout ce passé
Autour de moi
gisantes, éparpillées
toutes tes photos
et ma vue brouillée
....Tu as changé de chambre aujourd hui
tu es au calme à cet étage, sans bruit
tout est feutré, le personnel attentif
tout est silence ici, en soins palliatifs....
Alors il n'y a plus qu'à se taire
vidés de toute cette colère
Il nous faudra accepter de dire
"elle était" et se souvenir
Uniquement se souvenir
ne plus voir tes sourires
Ne plus t'entendre rire
ne plus te voir souffrir
ne plus te voir pleurer
sur ton corps torturé
oublier toute cette folie
Ces espoirs par toi semés
dressée de toute ta volonté
de tout ton amour de la vie.
Il nous faudra accepter
notre souffle coupé
Sceller nos lèvres
et vivre tes rêves
comme ces mots
tous ces mots
en trop 
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