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Les passés retenus

le mardi 11 janvier 2011, à 12:54. Posté par Vincent





Les passés retenus

De retour de mémoires, je me suis assis,
Gorgé de songes de passés retenus.
Là, je regarde ma vie,
Les hier d’un coté, les demains de l’autre.
Je n’étais qu’un enfant de rien,
Celui que l’on toise, pour le mépriser en silence.
Je n’étais qu’un enfant d’ailleurs,
Celui que l’on soumet plus que l’on admet.

Ce n’était qu’une maison, mais pour moi un château.
Trois étages de pierres brutes, aux larges fenêtres, aux vitraux éclatants.
Là-haut, sous les combles, notre chambre et sa petite lucarne,
Discrète, presque secrète.
Le matin, aux premières lueurs, on y dominait le monde,
La nuit, juste avant le sommeil, on murmurait aux étoiles,
Pour s’endormir doucement, le ciel en confidences.
De petits cailloux blancs marquaient la terrasse
Et l’on sentait la rigueur dans ces allées sans courbes,
Ou même le gravier semblait avoir été compter.
Milles fleurs en massifs imposants, donnaient de la couleur,
A la vieille bâtisse.
Une pelouse coupée rase s’enfuyait sous les arbres,
En de petites touches d’herbes folles.
Un parc boisé, d’essences rares et rustiques,
S’étendait au-delà de mes aventures.
Des chênes centenaires contaient aux vents,
Les légendes d’une forêt disparue.
Dans les buissons, quelques embuscades de garnements braillards
Attendaient, sagement, une belle après midi d’été.

A quelques pas de là, une maison de verre étincelée,
Véritable bijou aux aretes polies , planté au milieu de cette verdure.
Aux grandes chaleurs,
Quelques panneaux de verre s’ouvraient, comme pour mieux respirer !
La serre ! Lieu magique, lieu mystérieux, lieu scientifique.
Monsieur de Fémontpré y régnait en maître.
Devançant le soleil chaque matin, il y avait ses habitudes.
Ses discours enflammés et ses colères noires.
A la tombée du jour, quand la nuit à venir, lui semblait sereine,
Monsieur faisait faire son lit au milieu des orchidées
Une vraie passion, faite d’attention, de tendresse, de rupture et d’échecs aussi,
Mais par-dessus tout, de beaucoup d’amour.
Ce fut, pour l’enfant que j’étais, un étrange sentiment,
Où se mêlait la curiosité, une certaine crainte et une vraie admiration.
Ce sentiment, je le compris plus tard, Monsieur, le partagea longtemps.

Il n’était qu’un vieil homme,
De ceux que l’on craint en toute admiration.
Il n’était qu’un vieil homme,
Avec un cœur immense, sous son écorce rude.
Il n’était qu’un vieil homme,
Et aussi mon Grand-père !
Mais, je ne le sus que trop tard !

Extrait de : " Au delà de l'innocence "

Vincent
http://lesyeuxclos.fr

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commentaires ( 5 ) (Ajouter un commentaire)
imparfaitlibre le mardi 11 janvier 2011, à 14:59
--notre passé reste les racines de notre mémoire. Une histoire émouvante qui me replonge aussi dans une grande maison dans un petit lieu-dit perdu dans un coin de la Vienne.
Toute mon amitié cher Vincent.--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

domidom le mardi 11 janvier 2011, à 17:12
Que ce grand père doit être fier de son petit fils..
Cher Vincent, ce grand Monsieur t'a donné en héritage cet amour de la poésie, et c'est un magnifique cadeau...
J'ai aimé cette longue promenade au milieu de cette vieille bâtisse, j'ai imaginé la serre et ses hortensias...
Ce poème est tellement bien imagé qu'il suffit de fermer les yeux un court instant pour apprécier ce beau moment d'évasion....
A bientôt mon ami...

sandou70 le mardi 11 janvier 2011, à 19:06
Très bel écrit----
http://www.mespoemes.net/sandou70

worrell02 le mardi 11 janvier 2011, à 21:02
"Au delà de l'innocence la vie prends tout son sens"!

http://www.mespoemes.net/worrell02

foliedouce le mardi 11 janvier 2011, à 23:41
magnifique poème, cher Vincent ! KerNath

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