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Adultère (Orbel)

le jeudi 13 janvier 2011, à 23:00. Posté par COLLECTIF (auteur : Orbel)


    Chaque matin, tu viens, lorsque ton mari part
    Me rejoindre, sans bruit, au creux de ma demeure
    Les draps ne sont pour toi qu’un modeste rempart
    Tu veux de mon amour sans que se fane l’heure

    Je persiste à dormir et me laisse bercer,
    Lorsque, très doucement, tu t’assois sur ma couche,
    Par tes chuchotements qui veulent nuancer
    Le désir de tes yeux comme ceux de ta bouche

    Tu parles, tendrement, et laisse pénétrer
    Le souffle de mon cœur justifiant ta fugue
    Tes yeux se sont fermés afin de mieux filtrer
    Le bonheur sur un lit d’amour qui se conjugue

    Je vois venir tes dents, tu mordilles ma peau
    Et ta langue est brûlante ainsi qu’un feu de joie
    Puis, m’offrant un baiser perçant comme un couteau
    Je retrouve ton corps aussi doux que la soie

    Me caressent tes mains en des gestes précis
    Sans que les tremblements ne s’enfuient de tes lèvres
    Habile, tu comprends, qu’éloigner les soucis
    Est un geste d’instinct lors de nos douces fièvres

    Je choisis ce moment pour sortir du sommeil
    Je caresse tes seins et part vers la rivière
    Où tout homme a connu le plus tendre soleil
    Une intense chaleur, suave et familière

    Je délaisse ta bouche et je tourne ton corps
    Ton ventre est sur les draps, je caresse tes fesses
    Il n’est plus aucun mur, encor moins de décors
    Sachant que tu tiendras tes intimes promesses

    Lors, amoureusement, je laisse mon majeur
    Deviner ton désir avec plus de franchise
    J’aime les hurlements qui te viennent du cœur
    Ma caresse devient plus vaillante et précise

    Je pénètre la voie où s’exhibe le cri
    Un soubresaut t’arrive et celui-ci me flatte
    Je t’aime comme est dit sur le vieux manuscrit
    Et je profite, lors, de ta bouche écarlate

    Tu jouis, à présent, mais ne désirant pas
    Que le plaisir me vienne avant que ta blessure
    Ne se mélange au bel et glorieux trépas
    De l’amour, tu m’attends et m’offres ta morsure

    Mais avant ce cadeau, ce bien si précieux,
    Ta langue, sur mon corps, est comme de la soie !
    Et je plains ton mari qui n’est pas aux cieux
    Le pauvre, à son bureau, dans le travail se noie

    Nous sommes très heureux, je quitte ton ruisseau
    Je t’aime comme un temps qui naît puis nous parfume
    Tu m’aimes comme un ciel qui forme le berceau
    Du baiser qui, toujours, de l’ennui nous exhume

    Nous sommes allongés le cœur frais et serein
    Sachant que ce désir n’est pas une amourette
    Mais laissons-le tranquille, un peu moins souverain
    Approche et viens fumer la sage cigarette

    Tu voudrais t’endormir, ton corps est épuisé
    Nous entendons un bruit, la clé dans la serrure
    Ton cher mari revient, va, le corps apaisé,
    Vers celui qui ne sait admirer ta parure


    Orbel
    http://www.mespoemes.net/orbel






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commentaire ( 1 ) (Ajouter un commentaire)
orbel le samedi 15 janvier 2011, à 09:07
Je ne l'avais pas vu. Il ne vaut pas les bijoux de Baudelaire mais mon majeur n'est pas plus indécent que les grappes de sa vigne
Merci
Amitié

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