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Les bijoux (Charles B.)

le vendredi 14 janvier 2011, à 21:54. Posté par COLLECTIF (auteur : Charles Baudelaire)





La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n’avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l’air vainqueur
Qu’ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.

Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j’aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d’aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.

Les yeux fixés sur moi comme un tigre dompté,
D’un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l’huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,

S’avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s’était assise.

Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l’Antiope au buste d’un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !

– Et la lampe s’étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu’il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d’ambre !



Charles Baudelaire



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commentaires ( 2 ) (Ajouter un commentaire)
aristio le vendredi 14 janvier 2011, à 22:15
----C'est beaucoup mieux ainsi Collectif!
Avoue que Baudelaire peut se permettre des dérapages que d'autres doivent ignorer!
Entre toi et moi, ce n'est pas le même talent!
Baudelaire écrivait certaines mises en forme mais pas de dictature !
Si notre poète écrivait ses vers de cette façon , je m'agenouillerai ..ce qui est loin d'être le cas!
Sympathie!
http://www.mespoemes.net/aristio

orbel le samedi 15 janvier 2011, à 09:01
Je sais, Loïc, que tu liras ce commentaire mais je ne peux me laisser insulter sans répondre. Il faudrait se renseigner auprès de chacun pour savoir ce qu'il a subi avant d'écrire...
Je ne suis pas Baudelaire et je ne l'ai jamais revendiqué. Mais il faudrait lire les poèmes pronographiques de Baudelaire avant de s'avancer et de jeter l'anathème. Au moins, quand j'écris un poème classique, je le compose selon les règles de la prosodie et surtout quand il s'agit d'un sonnet.
Si j'ai bien compris, nous avons le droit de parler de vice, d'adultère à condition d'être Baudelaire. Les mêmes qui se plaignent aujourd'hui auraient brûlé les fleurs du mal il y a 150 ans.
Dans adultère, je n'aurai donc pas du utiliser majeur mais caresse pénétrante ou intime. J'aimerais les voir quand ils font l'amour et les entendre que ce soit avec leur conjoint ou un autre.
Je n'aurais plus le droit d'écrire sur l'adultère sous prétexte que l'un de nous a eu une mère indigne, d'homosexualité car l'un de nous a un frère homosexuel, de religion car l'un de nous a un frère prêtre ou une soeur religieuse ou de politique car l'un de nous a quelqu'un de sa famille qui est un politicien véreux.
J'appelle un chat un chat. Je ne dis pas non-voyant mais aveugle.
Et je considère que Adultère n'avait rien de méchant, de pornographique. C'est ce qui se passe et ceux qui se plaignent le savent pour l'avoir vécu mais il ne faut pas leur dire leur vérité car ils se sentent agressés et se ferment.
Ils ont l'esprit aussi fermé que la femme qui commet l'adultère est ouverte.
Je ne paierai pas les pots cassés pour certains qui ont abusé sur ce site.
Demain, je quitte ton site, Loïc, et ces gens pourront parler d'adultère avec des mots pastels et demander la permission à leur femme s'ils peuvent effleurer du bout du doigt leur sourire vertical.
Domidom aurait pu se vexer que j'utilise le mot Nègre dans l'insulte de Luc Chatel car elle vit avec un antillais mais non. Elle a dit que ce mot la gênait mais quel mot aurais-je pu employer pour ce genre d'écrivain. Je lui ai dit et nous nous sommes compris. Elle a d'ailleurs apprécié Adultère certainement car elle n'est pas concernée.
J'ai édité Adultère sur un aure site et je vais voir si les poètes se sentent aussi concernés.
"Ce n'est pas le mot qui fait la poésie mais la poésie qui illustre le mot" Léo ferré
Je te souhaite, Loïc, une bonne continuation
Très bien, Collectif, d'avoir édité Baudelaire. Avec d'autres mots, cela permet à certains de se rappeler des souvenirs
Amitié

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