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Petit texte en prose d'un coeur ravagé...
J’ai sur la bouche le souffle d’un mot qui gouverne ma vie comme le vent guide le vol de la sterne ballotée sous les tempêtes du ponant.
Amour, tu chahutes ma destinée, colores mon horizon d’un satin de bleuet et tes baisers, aussi doux que la figue en bouche, font de mon âme un océan de velours.
Improbable figure, délicieuse créature, je te rêve amante, je goûte par procuration à tes libations, je sens mon cœur se gonfler lorsque, grisé par les lucioles de ta candeur, ta chaleur nourrit l’âtre de ma passion.
Tes lèvres sont deux fruits mures, baignées de soleil, sur lesquelles se dessine ma prose et ta voix blanche et pure, comme les primes neiges, délivrent à mes oreilles conquises des accords sucrés dont l’arôme puissant dérègle mes sens extasiés.
Les éclats de ta beauté, disséminés comme autant d’étoiles sur le voile de la nuit, se déploient en volutes pourpres nimbant les abysses de mon errance d’un florilège de merveilles sur lesquelles je veille jalousement.
Petite fée, emplie de malice, tu glisses sur mon épaule, candide et farouche, et tes circonvolutions de ballerine chatouillent mon envie de clamer au ciel de minuit mon amour sans limite.
Ta présence exerce sur mon être un auguste magnétisme et, aussi conquérant que l’aigle dans les cieux, je me fais démiurge de la prose entrechoquant les mots pour en sublimer l’essence et délivrer à ta gloire un maelström d’encens.
L’écume de mes rêves condense la pluie du quotidien sous l’effet prodigue de ta verve, inondant l’air d’une nuée printanière que les magnolias de mon jardin secret, taquinés par le vent ardent de ma flamme amoureuse, irisent de leurs pétales de feu et de neige.
Amour et silence unis dans une dévotion sentimentale, un hymne à la mélancolie des cœurs solitaires.
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