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Elle est assise derrière la fenêtre,
Les yeux noyés dans le paysage
Si elle était un oiseau
Elle s'envolerait peut -être
Sans avoir besoin de courage.
Le souffle du vent
Transporte les nuages
Elle aimerait tant
Faire partie de ce voyage.
Elle est assise derrière ces carreaux
A attendre des jours nouveaux
Ceux, où son esprit
Ne s'envolera plus dans les airs
Ceux, où il reprendra goût à la vie
Etre heureux d'être sur cette terre
Derrière ces vitres, le soleil se couchera
Assise, c'est toi qu'elle attendra.
A compter chaque minute, chaque heure
A trembler de froid et de peur
Quelques gouttes glisseront sur les carreaux
Cette pluie inondera la terre
Comme les larmes inondent son coeur
Etre une île au milieu de la mer
Sans jamais voir passer un bateau.
Assise derrière la fenêtre, à regarder la cheminée
Vivre seule avec ses mêmes pensées
Avoir l'âme d'un grand poète
Sans jamais y être.
Se dire que sa seule célébrité
Est de n'avoir rien dévoilé
Garder son petit jardin
Ne pas y faire entrer quelqu'un
Et malgré cette solitude
Elle a besoin de s'isoler
Empêcher que l'on voit ses pensées
Ne pas douter de ses certitudes
Avoir son monde à elle
Etre femme et hirondelle
Que personne ne sache vraiment
Qui elle est, ce qu'elle sera
Se refermer doucement
Pour qu'on ne la change pas.
Etre secrète,
Ne rien laisser paraître
Assise là,
Elle sait que ce qu'elle peut écrire
Ne changera pas
Et son avenir
Elle ne le connaît pas.
Sandou
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