Aux bords de tes yeux

 

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Extrait .... (prose)

le samedi 29 janvier 2011, à 16:21. Posté par Vincent


    La forêt fait silence, comptant les pas, de ceux qui, en solitude, arpentent ses allées. Le vent murmure , aux hautes branches, les couplets encore tièdes d'une chanson. Dans un buisson, où s'enroulent des ronces, s'ébat un oiseau au sortir du sommeil. La terre respire, laissant planer une brume blanchâtre cherchant, entre les cimes, à atteindre le ciel. Les feuilles mortes tapissent le sol, en un océan atteignant l'horizon. Sur les arbres endormis, quelques unes résistent. Leurs couleurs pourpre et or, offrande à l'été perdu, comme un regret à cette saison finie.

    Sur un sentier, encore sec, un vieil homme s'avance. Son pas lent n'est pas, comme on pourrait le croire, du à un âge certain, cet âge où se mêle fatigue et amertume, mais à l' avidité de son regard et à la curiosité de ses sens. Il n'est pas grand, mais trapu. La barbe naissante, de gris et de blanc sur visage rond, où l'on sent la douceur, lui donne l'élégance du temps accompli. Un bâton à la main, il observe, il scrute. On devine, l'étonnement aux sourcils levés ou l'interrogation à son front plissé. Chaque seconde invente une question, une réponse et il esquisse un sourire, heureux de l'avoir trouvée.

    Pour profiter, pleinement, du tableau qui l'entoure, au pied d'un chêne, il s'assit. Il remonte son col et ferme son grand manteau, l'heure est, encore, à cette fraicheur du matin, à peine levé. Il aspire le jour à pleine bouffées. Puis, vide ses poumons doucement, laissant demeurer les saveurs du moment au plus profond de son être. Sa respiration devient plus lente comme à l'unisson, des arbres et taillis. Désormais, il se confond, il s'entrelace dans cette nature qu'il chérit à chaque promenade.

    L'esprit en paix, il n'a de cesse de comprendre, apprendre. La multitude, que forme ce tapis de feuilles au sol et celles encore accrochées, l'interpelle. D'une main, il ramassa une poignée de ces pétales d'arbres et regardant sa main, il posa à haute voix cette question :

    «  y a t il plus de feuilles dans ma main que dans toute la foret ? »

    La réponse lui sembla évidente, mais il ne pouvait s'en contenter. Il ferma les yeux, se mit en quéte, jusqu'au bout de la nuit.

    Extrait de «  Au delà de l'innocence »

    Vincent
    http://lesyeuxclos.fr

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commentaires ( 4 ) (Ajouter un commentaire)
domidom le samedi 29 janvier 2011, à 17:39
Très joli, agréable promenade en compagnie de ce charmant petit vieillard...
La forêt est si bien imagé que l'on s'imagine marchant lentement dans ces allées feuillues...
Très belle promenade...
Au plaisir de te lire mon cher Vincent...
A bientôt...Amitiés...

Agrippa le samedi 29 janvier 2011, à 20:05
----J'ai beaucoup aimé suivre ta plume ! Amitié Mon ami !
http://www.mespoemes.net/cauria

imparfaitlibre le samedi 29 janvier 2011, à 21:02
--trés agréable lecture mon cher Vincent
amitiés sincères--
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

foliedouce le samedi 29 janvier 2011, à 21:08
cette promenade avec vous, cher Vincent, a été un bel instant poétique ! merci et à bientôt. Amitiés.

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