|
Une épave git là engluée dans la vase
Comme un naufragé aux os blanchis par le temps,
Offert aux cieux voraces depuis trop longtemps.
Sa structure vermoulue s’ouvre aux vents et s’évase.
De ta gloire effacée, beau vaisseau condamné,
Le roseau vaniteux s’en fait une couronne
Comme la fatuité coiffe la baronne ;
Et toi, majesté des mers, tu vis en damné.
La bruine t’enlace dans son épais manteau,
Maîtresse volatile en son blanc château,
Sans chaleur, dépouillé par la fatalité.
Ton règne ancien se heurte à la réalité
De nos vies fades, amères et sans rêves ;
Ton corps se flétri dans l’oubli de la grève.
|