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 La vie m’a donné la chance de rencontrer,
Une vieille dame adorable et attachante.
Victorine, était le prénom qu’on lui avait donné,
Elle savait avec son sourire être accueillante.
Elle portait sur son dos plus d’un siècle de vie,
Mais, elle était encore très vive, très alerte.
Dans ses yeux, se lisait une certaine coquetterie,
Elle était agréable et très ouverte.
Dans sa chambre de la maison de retraite,
Elle attendait impatiemment ma visite.
Assisse, elle semblait ailleurs, distraite,
Elle paraissait si fragile, si petite.
Un jour, elle me raconta son histoire,
Une partie émouvante de son long chemin.
Depuis son récit resta dans ma mémoire,
Je vous le transmets sur ce parchemin.
Elle était encore qu’une toute jeune fille,
Lorsque ses parents lui présentèrent son futur mari
Elle était docile, douce et gentille,
Alors, elle accepta celui qu’on lui avait choisi.
A vrai dire, elle le trouvait très beau,
Et entre eux, se fut le coup de foudre.
Leur amour les portait très haut,
Ils étaient aussi légers que de la poudre
Ils parlaient de leurs vies, de leur mariage,
Des prénoms de leurs futurs enfants.
Mais ce n’était qu’un joli mirage,
Car d’autres avaient décidé autrement.
Hélas, la grande guerre fut déclarée,
Emportant fils, frères et pères.
Et Jacques partit comme ses aînés,
Au milieu des pleurs des femmes et des mères.
Elle priait pour que son amour lui revienne,
Mais Dieu n’entendit pas sa prière.
Elle resta seule, triste vie qui fut la sienne,
Et lui resta fidèle pendant sa vie entière.
Elle pensait que Dieu l’avait oublié,
Et elle trouvait cela injuste et dur.
Il lui tardait tellement d’aller le retrouver,
Au milieu des nuages dans un ciel bleu azur,
Une nuit, elle partit dans son sommeil.
Retrouver celui qu’elle avait tant aimé.
Victorine au pays des merveilles,
Son rêve était enfin réalisé.
Je n’ai jamais oublié la vieille dame,
A qui j’adresse un petit coucou.
Elle est heureuse jusqu’au fond de l’âme,
Elle flotte au-dessus de nous.

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