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Supplique d’un balai.
J’ai vu un balai,
Contre un mur adossé.
Le manche vieillissant,
Les poils salis par le temps,
Il s’ennuyait,
Sans nul pensées.
Pourtant, il se mit à parler,
Juste pour se raconter.
Peu m’importe, lança t il, fier,
De pousser votre poussière,
C’est, en cela, mon métier,
D’être à hauteur de vos pieds.
Mais, pourriez vous, s’il vous plait,
Sur le sol, ne pas vous oublier ?
Là, aucune référence urinaire,
Sur ce sujet, je saurais me taire.
Mais entre vos mégots,
Encore chauds,
Les emballages gras,
Qui feraient fuir un rat,
Les cahiers d’écoliers,
Volontairement oubliés,
Je navigue dans vos détritus,
Frôlant l’infarctus !
Si vous pouviez faire l’effort,
De ce tacite accord,
Que de laisser traîner, chaque jour,
Une ou deux missives d’amour,
Pour que mon cœur de brosse,
S’imagine en carrosse,
Comptant fleurette,
A une douce balayette.
De ce geste humanitaire,
Dés à présent, je vous remercie,
En retour, vos sols seront clairs,
Sans l’ombre d’un débris !
Vincent
http://lesyeuxclos.fr
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