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 Sur un vieux bureau poussiéreux,
Au milieu des crayons, une plume rêvassait,
Près d’elle une feuille de papier froissée,
Poussait des soupirs langoureux.
« Qu’as-tu donc à soupirer ainsi ? lui dit-elle,
Tu m’agaces, tu m’empêches de dormir,
Je te le dis : vas-tu donc bientôt finir ?
Ou gare à toi, je te jette à la poubelle ».
« J’ai peur de finir comme un vieux ticket de quai,
Gisant sur le sol, piétiné par des inconnus,
Et toi, prétentieuse tu joues les ingénues,
Tu finiras comme moi, de tout le monde oubliée.
J’aimerai tant une dernière fois, que sur mon cœur,
S’écrivent des mots doux comme du velours,
Des phrases belles comme le lever du jour,
Et quand me lisant, un cœur se remplisse de bonheur ».
« Ne rêve pas, tu ne risques pas que l’on se serve de toi,
Pour une déclaration d’amour, un rendez-vous galant,
Ou bien, de la poésie écrite par un prince charmant,
Avec un peu de chance, liste de course sera ton dernier emploi ».
« Ce que tu me dis me fait mal mais tant pis, je préfère
Finir mes jours dans un caddie d’un supermarché,
Plutôt que mourir seul de tout le monde ignoré,
S’il te plaît ! imagine une liste d’achats que tu aurais à faire ».
La plume un peu émue, de sa plus belle écriture nota :
Tendresse, affection, amitié, bisous, caresses, amour,
Liste à ne pas oublier.

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