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Une plage, la nuit ...
Sur la plage nocturne où le brouillard s'étale
tout est silencieux, à peine un cri d'oiseau
glisse sous la nuée, une lueur d'opale
tombe du ciel laiteux sur la noirceur de l'eau.
Le sable est froid aux pieds de l'homme qui le foule
sans savoir où il va dans cet univers gris,
pas de vent, calme plat, seul un frisson de houle
meuble de sa chanson le vide de l'esprit.
Le passé, le présent se mêlent dans la brume
où sont le nord, le sud ? Nulle étoile ne luit,
il aimerait tant voir un phare qui s'allume
pour guider de son feu sa marche dans la nuit !
La fatigue le tient, la pesanteur l'entraîne
lentement, pas à pas, vers un but trop certain
il n'est plus le lutteur pénétrant dans l'arène
mais le voyageur las d'un horizon lointain.
Il s'arrête et s'assied; comme le fait le sable
qui absorbe sans bruit l'écume au goût amer
il laisse s'écouler le fardeau qui l'accable
et s'abandonne enfin à la paix de la mer.
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