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JE ME DEMANDE SI
Je me demande si ces questions qui m’embrasent,
Ces brouets insidieux, ces vagues dans mon sang,
Caresseront un port ; elles sifflent, s’écrasent,
Ne créant rien de plus que leur propre tourment !
Je me demande si les échecs sont impurs,
Qui du noir ou de l’aube est notre ultime apôtre ?
Si les inondations qui descendent les murs
Laissent leur auréole en place de la nôtre ?
Je me demande si le vent tourne les pages,
Si ce qu’on a perdu devait passer le seuil,
Si les horizons clairs espèrent les orages,
Si la vie rejaillit du flanc du moindre deuil ;
Je me demande tant, explorant chaque éclair
Jusqu’aux ravins du soir ; j’irrigue des vallées
Qui creusent leurs sillons dans ces montagnes d’air
Que je devrais peut-être admirer intouchées...
Les mots nés des pensées ont un bout de silence
A combler ; c’est un peu de néant qu’on fait sien ;
Mais quand je songe et tisse en pensant que j’avance,
Je me demande si je me demande bien.
Loïc
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