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Une page désertée

le mercredi 02 mars 2011, à 10:48. Posté par Vincent


    Une page désertée.

    Les images d’hier foutent le camp.
    Les visages s’embrument, plus souvent,
    Puis disparaissent sans noms

    Les yeux ne parlent plus,
    Cherchant des hasards confus,
    Et des larmes glissent sans raison.

    Les mains ont ces gestes incertains,
    D’heures fuyantes, de minutes sans fin,
    Oubliant pleins et déliés.

    Les mots , des souvenirs en lambeaux,
    Ne discernent ni le vrai, ni le faux,
    S’enfermant en une étrange page désertée.

    Le silence au milieu de l’oubli,
    Est un ailleurs qui s’enfuit,
    Egrenant des sourires enfantins.

    Le corps, enveloppe en perdition,
    Avoue sa faiblesse, sa démission,
    Sans comprendre ce qu’est le matin.

    Il désapprend la vie,
    Perdu au bout de son ennui,
    Sans qu’il imagine l’infini.

    Vincent
    http://lesyeuxclos.fr

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commentaires ( 9 ) (Ajouter un commentaire)
imparfaitlibre le mercredi 02 mars 2011, à 11:21
-beaucoup de nostalgie et d'errance pour un être perdu dans son passé, son présent et son futur tout le long de tes vers. Chacun de nous se retrouvera dans l'un des ses passages difficiles à combattre et à vaincre et saura alors comment remplir cette page désertée.
amitiés sincères Vincent---
http://www.mespoemes.net/imparfaitlibre

Vincent le mercredi 02 mars 2011, à 11:26
Merci de ce commentaire Imparfaitlibre, j'aurais, peut etre du préciser que ce texte est écrit pour une personne que je visite réguliérement atteint de la maladie d'Alzheimer

Que le bonheur te guide
Vincent
http://lesyeuxclos.fr

Loïc le mercredi 02 mars 2011, à 14:20
En effet, la précision compte, mais l'Alzeimer n'est finalement qu'une version extrême de ce qui nous arrive à tous... On peut très bien voir ce poème comme un requiem aux souvenirs qui s'estompent ; dont on se souvient qu'on les a vécus, un peu comme si on en avait pris note sur un post-it, mais sans se souvenir de leur vérité précise.
Amitiés

----
http://www.mespoemes.net/cellox

Vincent le mercredi 02 mars 2011, à 14:53
Certes, Loic c'est une interprétation.
mais dans ce cas précis, l'esprit et le corps n'ont plus de souvenirs. Comme je dis il désapprend la vie !

Vincent

avenance le mercredi 02 mars 2011, à 19:46
"Une page désertée":un symbole très émouvant et très approprié pour cette perte progressive de soi, de la parole et de la mémoire;une altération de la conscience, du souvenir et de tous les sens jusqu'au vide, jusqu'au blanc, jusqu'au neutre:une altérité, une "autreté" au sein même de l'identité que seule, peut-être, la parole poétique plus et mieux que le discours psychiatrique, peut approcher dans son évanescence et son étrangeté, comme ton poème le fait si bien, frôlant l'abîme, le pays du silence et de l'obscurité.Amitiés.Avenance.

domidom le mercredi 02 mars 2011, à 20:57
Quelle triste et horrible maladie que celle -ci...
Perdre tout contrôle de soi même, ne plus se souvenir de ceux que l'on à aimé, vivre dans l'inconscience totale...
Quelle beau et triste poème que tu nous à écrit mon cher Vincent, plein de souffrance et de tristes vérités...
Amitiés...
A bientôt...

AUBERT le jeudi 03 mars 2011, à 10:18
elle s'appelait Annie GIRARDOT...

douceur le jeudi 03 mars 2011, à 23:03
un bien beau poème qui touche
si elle s'appellait Alzheimer je l'avais reconnu dans tes mots ! xxx

vs591 le vendredi 04 mars 2011, à 10:39
---- merci à tous pour votre compassion !
Il s'appelle Florent, il était ( vraiment dommage de dire était ) peintre et trompettiste !

Vincent
http://www.mespoemes.net/vs591

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