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si j'étais bohémienne à la longue chevelure noire bouclée
aux yeux couleur de braise suprêmes
ton regard s’accrocherait au mien
comme si j’étais tienne.
Mon caraco trop court
sur ma poitrine croisé te surprendrait.
Ma jupe flétrie
par les soleils répétés,
les éclats de lune blêmes te fascinerait.
Mes pieds nus,
dans des sandales trouées à la semelle
te provoqueraient.
Ma guitare en bandoulière
posée comme une arme naturelle t’aiguillerait.
Ta main sans hésiter comme un levier de commande manuelle
je saisirais.
Avec audace, ma musique je jouerais.
Mes notes langoureuses t’impressionneraient.
Tes yeux noyés succomberaient sous l’étincelle.
Ton regard fouillé,
tu ne penserais plus au temps passé
mais au temps éternel.
Complètement ébahi, subjugué, la supercherie dévoilée
mon prénom tu prononcerais avec u n « L » ou deux « L »
mélodieusement articulé.
Pour la première fois, je glisserais sans règle dans tes bras douillets.
Le temps oublié dans un élan partagé.
Nos cœurs barricadés ne laisseraient aucune minute filtrer.
M.C.
'droits d'auteur réservés)
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