L'eau à la bouche

 

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Parfum de femme

le mardi 08 mars 2011, à 11:20. Posté par récréation


    Ah je ris de me voir si belle en ce miroir
    Je souris je grimace je pleure je me maquille
    J’épile mes sourcils je farde mes paupières
    j’allonge mon regard je mets du rouge à lèvres
    J’arrive avec mes doigts à faire que mes yeux brillent
    Dans ces longs face à face les minutes sont brèves
    Je m’observe dans la glace et par moment je rêve

    Par instants j’ai cru voir se refléter dans l’eau
    Un visage oublié qui nageait tel un cygne
    et me dévisageait et troublait le plan d’ eau
    Où je me contemplais, et qui me faisait signe

    Une toute jeune fille qui me faisait écho
    Son visage devant moi me donnait la réplique
    Nous étions ressemblantes toutes pareilles ex Aequo
    Elle venait pour me voir afin que je m’explique

    Je me suis détourné de ce visage sœur
    De ce double étranger sorti de ma mémoire
    Car je connais le sort de ces prédécesseurs
    Qui se sont trop penchés sur l’eau comme un miroir

    Peut être n’était t’elle au fond qu’une illusion
    Une image confuse entourée d’un halo
    Comme on voit des palmiers entourant un point d’eau
    Naître dans le désert sur le sable en fusion

    C’est ainsi bien souvent que l’histoire commence
    Un visage apparaît qui prend votre apparence
    L’histoire suit son chemin fait de points de virgules
    Suit la vie romancée d’un esprit qui spécule

    Ce visage me hante je n’en dors plus des nuits
    S’il est vrai que toute vie se transforme en désert
    Que l’homme face à la mort prisonnier de la chair
    fabrique des mirages pour combattre l’ennui

    Cette femme qui resurgit a vécu dans mon ombre
    Les âmes ne migrent pas nulle métempsychose
    Tout être est le produit de ses métamorphoses
    Certains aspects demeurent tandis que d’autres sombrent

    Il faut que le grain meurt pour qu’apparaisse le fruit
    Le monde autour de moi m’a fait ce que je suis
    Dois-je pour de retrouver ce reflet qui me suit
    Me retirer du monde et m’isoler du bruit

    Mon cœur n’a pas ce fiel qui ronge le métal
    Je ne suis qu’une femme qui ne dit non ni oui
    Je suis comme la fleur qui perd ses pétales
    Et livre son parfum de rose épanouie

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