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Ah je ris de me voir si belle en ce miroir
Je souris je grimace je pleure je me maquille
J’épile mes sourcils je farde mes paupières
j’allonge mon regard je mets du rouge à lèvres
J’arrive avec mes doigts à faire que mes yeux brillent
Dans ces longs face à face les minutes sont brèves
Je m’observe dans la glace et par moment je rêve
Par instants j’ai cru voir se refléter dans l’eau
Un visage oublié qui nageait tel un cygne
et me dévisageait et troublait le plan d’ eau
Où je me contemplais, et qui me faisait signe
Une toute jeune fille qui me faisait écho
Son visage devant moi me donnait la réplique
Nous étions ressemblantes toutes pareilles ex Aequo
Elle venait pour me voir afin que je m’explique
Je me suis détourné de ce visage sœur
De ce double étranger sorti de ma mémoire
Car je connais le sort de ces prédécesseurs
Qui se sont trop penchés sur l’eau comme un miroir
Peut être n’était t’elle au fond qu’une illusion
Une image confuse entourée d’un halo
Comme on voit des palmiers entourant un point d’eau
Naître dans le désert sur le sable en fusion
C’est ainsi bien souvent que l’histoire commence
Un visage apparaît qui prend votre apparence
L’histoire suit son chemin fait de points de virgules
Suit la vie romancée d’un esprit qui spécule
Ce visage me hante je n’en dors plus des nuits
S’il est vrai que toute vie se transforme en désert
Que l’homme face à la mort prisonnier de la chair
fabrique des mirages pour combattre l’ennui
Cette femme qui resurgit a vécu dans mon ombre
Les âmes ne migrent pas nulle métempsychose
Tout être est le produit de ses métamorphoses
Certains aspects demeurent tandis que d’autres sombrent
Il faut que le grain meurt pour qu’apparaisse le fruit
Le monde autour de moi m’a fait ce que je suis
Dois-je pour de retrouver ce reflet qui me suit
Me retirer du monde et m’isoler du bruit
Mon cœur n’a pas ce fiel qui ronge le métal
Je ne suis qu’une femme qui ne dit non ni oui
Je suis comme la fleur qui perd ses pétales
Et livre son parfum de rose épanouie
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