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Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées
Mon paletot aussi devenait idéal :
J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal ;
Oh là là ! Que d’amours splendides j’ai rêvées.
Arthur Rimbaud (1854-1891) la bohême
EN VAGABOND
En vagabond des mots sur des routes dorées
J’ai cueilli quelques fleurs pour en faire un bouquet.
Pour faire une chanson pour cacher mon regret
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées.
Dans les travers du temps, le chemin est banal
Pour l’écrivain d’un soir qui cherche ses couplets,
Dans le froid de l’hiver, pour filtrer mes secrets
Mon paletot aussi devenait idéal.
J’achèterai des mots au monde de Nerval
Pour faire des refrains et trouver la musique
Espérant inventer cette ultime réplique
J’allais sous le ciel, Muse ! Et j’étais ton féal.
Aubades d’un printemps à peine inachevées
Qui savent me charmer dans ce mon incongru,
J’ai passé mille nuits dans un songe perdu ;
Oh là là ! Que d’amours splendides j’ai rêvées.
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