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Un vers mal dégrossi est noir comme le pétrole
qui jaillit vertical du ventre la terre
Afin qu’il vous entraîne pour rejoindre l’éther
il faut le raffiner en usant de paroles
Pour ne pas ressembler à l’animal en rut
Qui se limite au coït puis tire sa révérence
Pour que parlent les sens il faut faire connaissance
Parler de sentiments pas un langage de brut
Aussi ce noir désir qui pollue la nature
Ce virulent poison qui met le monde en transe
Et met en mouvement les belles mécaniques
Epuré par les mots comme par un alambique
Distille savamment une belle écriture
Des vers évaporés qui sentent bon l’essence
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