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Quelques larmes…
Tandis que je marche en silence,
Doucement, au milieu de la circulation,
Au milieu des piétons qui se hâtent,
Dans la fièvre à la consommation
D’objets, même de musées, êtres sans tête.
Au milieu des embouteillages des voitures
Que les klaxons tentent en vain de dissoudre,
Et du vrombissement des moteurs qui démarrent,
Je sens cette souffrance qui, dans le silence de la peur
Etreint tant de milliers de japonais – même l’empereur !
Et tous ces peuples dont, dans le secret de mon cœur,
J’entends les larmes sèches s’épandre devant tant d’horreurs.
Je sens en moi cette meurtrissure de l’inquiétude de l’absence
De l’être cher, du mari, de l’ami et, comme à jamais perdue, cette enfance
Et, aussi, vivants au creux de mon âme, mes ascendants ou ma descendance.
Ma marche me conduit vers la Paix qui me tient dans cette fragile confiance
Que l’Energie de Vie, l’Amour, a les ressources
Pour redonner à tous et à chacun, l’espérance,
Pour faire renaitre le corps de l’Humanité tout entière,
Pour guérir les plaies et les blessures de toute la terre,
Pour redonner aux hommes, femmes, enfants, la sécurité.
Les larmes que je pleure ne sont pas de tristesse,
Ni non plus d’épuisement, par une sorte de paresse.
Ce sont des larmes de compassion pour cette partie de mon corps
Qui expérimente tant de souffrance dans ce combat corps à corps
Avec l’eau des mers et le vent des airs,
Avec le froid polaire et le feu du nucléaire ;
Et à laquelle j’offre
Toute l’énergie de mon âme,
Tout l’amour de mon être,
Toute la paix de mon corps,
Et la douceur de mes pas
Et la saveur de mes larmes.
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