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Je suis assise sur un banc, au bord du Mékong
Une traînée d'oiseaux vole comme une couche nuptiale
Mes yeux démêlent les flammes de l'aurore
Une couronne du soleil levant
S'allume dans mes yeux d'enfant
De mon beau pays d'orchidée, une souvenance
Au loin les voiles pourpres
Des clartés vermeilles embrassent la voûte des cieux
Une corbeille de jasmins parfume mes yeux
Le vent souffle sur ma peau nue nacré
Un frisson parcoure mon corps
Comme le soleil peint sa toile d'or
Avec ses pinceaux, des trésors
Mes mains effleurent l'eau fraîche du matin
Où scintille des poissons aux écailles d'ambres, de topazes et de diamants
Ô! Chant de printemps, murmurent des feuilles
Son enivrant, métamorphose en fleurs
Prodige qui atteigne au sommet des cieux
Chansons des eaux
Chante la joie dans mon âme fleurit
Je veux sceller ma mémoire dans un écrin de saphir
Joie de vivre, ivresse de plaisir
La mélodie des dieux
Une harpe aux chants des sirènes
Sur la colline des arbres dansent
Au souffle de mistral
Mon coeur palpite, mon sang éclot, mes veines
Comme une rose embaume mon visage
Sur un village, un paysage
A cet instant la poésie m'envahit
Un bonheur immense, le bleu d'azur
Tresse les cotons des nuages
Un tournesol d'or pâle brille dans le ciel azuré
Les flots soupirent, un rond d'argent
Flotte à côté des nénuphars rosés
Rouge, une myriade de couleurs
Des flamboyantes balancent, volent
A tire d'aile
Un diadème de feux,
Eclatant fait chatoyer sur le Mékong
Des étincelles de pierreries
Des merveilles, réveillées par les rayons
Mélancoliques, à travers le miroir
Des ondes comme un songe
Mes larmes coulent sur ma joue opale
Une forte flamme sonore m'enveloppe
De toute part, je perçois toute la beauté céleste
Le temps de mes printemps
Se fanent, se meurent dans la douleur
Comme la moisson astrale
Fauche, balaye le cercle des étoiles
Mes rêves s'enfuient dans les plus hautes cimes de mon âme
Telle une ancre brisée dans les chaînes de mon coeur
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