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Le serment.
Au-delà des montagnes,
Sur la place d’un village,
Un vieil homme chantonnait,
Des refrains bien peu sages.
Au-delà des montagnes,
Là où dort la sagesse,
Un vieil homme paresse,
Les yeux mi-clos, il part en voyage.
Sa mie, en pensée, la rejoint en image.
C’était un dimanche,
Un dimanche de mai !
Elle avait une robe blanche,
Dans les mains, un bouquet,
De fleurs d’amour,
De fleurs de saison,
Celles que l’on cueille au creux du jour,
En promesse de passion.
Le vieil homme, appuyé sur sa canne,
Assis , à l’ombre d’un platane,
A croiser ses souvenirs,
Son visage, soudain s’illumine.
Cette absence ne le fait plus souffrir.
Comme elle était belle !
Douce, fragile, fine,
Dans sa robe de dentelles.
Les cheveux noués d’un ruban rose,
Délicatement, sur ses épaules se posent.
La lumière, sur sa peau, jouait de ses reflets,
Comme sur les ors d’un palais !
Il n’osait la regarder,
Tant ses yeux, timides au demeurant,
Avaient la profondeur de l’océan.
Il fit, alors le vœu,
De vieillir dans ses bras,
Et de ne peindre qu’en bleu,
Chaque ciel que Dieu leur donnera.
Il s’appelle Moshé,
Elle s’appelait Marie.
Dans leurs mondes calfeutrés,
S’aimer de la sorte était un défi.
Ils vécurent entre tendresse et quolibets.
Cinq enfants, tous bien nés
Grandirent sans haine mais avec fierté.
Chaque matin, dés le soleil levé,
Un pinceau dans la poche,
Avant que ne sonne la cloche,
Il s’assure, avec humilité,
Que le ciel soit bleu !
Rien ne le détourna de son serment.
Ni, les peurs d’un autre temps,
Ni, toutes ces terres promises,
Ou, trop de rêves se brisent.
Au-delà des montagnes
Sur la place d’un village,
Un vieil homme lève la tête,
Sourie à la vie,
Comme « un bonjour » à sa mie.
Le ciel est toujours aussi bleu !
Vincent
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