|
Les Prairies et les gouffres.
…..Chants à mi-voix, paroles hiératiques, musiques souterraines,
Œuvres des zones solitaires ou lumineuses, consciences intimes
Célèbrent et pleurent, en lieu et temps, la consistance opaque,
Beauté rebelle du Réel, le prodige du Vivre et la merveille
Terrible de la Chair, la double Instance qui insiste et
S’échappe et le sable et le roc, les prairies et les gouffres…..
Dans la fissure des cœurs, aux heures tristes d’exister,
Bondissent et prolifèrent l’envie, la colère et le doute et
La troupe assoiffée, les démons intérieurs, la procession
Inachevable, le doux attrait, les tentations, les fruits
Luisants et la cocagne, mûrissent les affections du corps
Et la douleur injuste des Affligés, l’Inamicalité. Venez et
Voyez le Corps, les Signes et le Tombeau, les Prairies et
Les Gouffres……
Dites-moi où, œuvres intimes et solitaires, diriger
Ardemment le Regard, vers quel pays d’ici et le seul
Maintenant, hors des illusions tendres et de l’Ailleurs,
Quels exercices de patience et d’équanimité, avec le
Temps, contre le Temps pour combler la fissure du
Cœur et la tourbière de l’Âme s’il se pouvait, contre
La tentation indigne, l’Anesthésie, quel nœud de
Vérité dénouer ou nouer si se côtoient et se mélangent
Les plaisirs et la plaie, les Prairies et les Gouffres?…..
|