|
Poète
Ah ! vos vers, ami poète, qu’ils sont aimables
Quand aucune ombre ne flâne sur vos quatrains,
Quand sillonne, rajeuni, au style impeccable,
Ce que votre front a dicté à votre main.
La sagesse lumineuse de votre bel âge
Qui a parcouru déjà bien des printemps,
Vous nous l’offrez en un joyeux partage,
Même si votre cœur n’est plus enfant.
Que de mots avez vous versé ici et là,
Sortis de ces rêves éveillés, presque évanouis,
Livrant avec force leur dernier combat
Puis se faisant sages, comme épanouis.
Si le poète est plein de solitude
Et qu’il cherche en ces vers à la combler,
La vôtre ne me semble pas certitude
Tant votre plume ondule comme les fins blés.
Chantez ami comme l’ont fait d’autres avant vous
Car votre chant est clair, sans agonie,
Ecrivez à votre aise comme un vent fou
Racontant l’histoire ancienne de vieux pays.
Ne vous lassez point de votre aimable geste
Quand votre encre contemple vos peines,
Si de la vie, comme un dernier zeste,
Vous cherchez l’enfant, là bas, au fond des plaines.
Soyez l’aube fraîche où se distille le temps,
Répandez en nos cerveaux solitaires et pensifs
Votre art littéraire, comme pluie d’argent,
Au souffle de nos vers les plus poussifs.
Soyez indulgent je vous en conjure
Pour ces maigres quatrains cherchant le jour,
A me lire, certes, vous en trouverez l’usure
Mais ils viennent de mon cœur où s’est niché l’amour.
A Alto
|